L’intérim : une montée en croissance des contrats précaires

Dans le premier trimestre de 2018, l’emploi intérimaire enregistre une hausse de 6,7 %, soit un niveau semblable à celui de 2008. En l’espace de trois ans, la France a enregistré 180 000 emplois en intérim. Une croissance qui témoigne de l’alternative qu’offre le marché actuel du travail : précarité ou chômage.

Le transport, un levier de cette croissance

Le secteur de l’emploi intérimaire a depuis 2016 connu une croissance importante, notamment dans le domaine des transports qui enregistre une croissance de 14,6 %. D’autres secteurs moins dynamiques ont également contribué à cet essor. Les emplois en intérim dans le commerce ont augmenté de 2,4 %, dans l’industrie cette hausse est de 6 % et de 6,7 % pour les services. Un secteur qui a connu une progression irrégulière en fonction des mois reste le BTP, avec une croissance de 4,5 %.

Par ailleurs, un changement important relatif au profil des intérimaires est noté dans cette nouvelle dynamique. En effet, les contrats d’intérim étaient plus destinés depuis 2016, aux fonctions les plus qualifiés. Actuellement, l’intérim est de plus en plus axé sur les premiers niveaux de qualification. Les taux de progression des employés (8,3 %) et ouvriers (+6,9 %) n’ayant pas de qualification restent significatifs.

Des emplois fragilisés par les ruptures conventionnelles

Le travail intérimaire, à l’image du contrat à durée déterminée ne constitue pas un moyen certain d’accéder à un emploi durable. Le taux de passage d’un emploi en intérim vers un travail permanent est de 20 %, sur trois ans en France. La hausse des emplois temporaires conduit ainsi à l’acceptation de la précarité chez les demandeurs d’emploi qui sont souvent contraints par le manque d’emploi.

Avec l’essor des ruptures conventionnelles, le chef d’entreprise dispose d’un moyen pour se débarrasser des salariés sans craindre le contrôle d’un juge. Une situation qui reste avantageuse pour le patronat au détriment de l’employé. La précarité de l’emploi provoque, en effet, des conséquences néfastes chez le salarié, aussi bien sur le plan financier que sur le plan physique.